International and multidisciplinary call for papers (in English or French): Psychosocial issues related to work. Mental health and experiences of work, unemployment and precariousness For the October-December 2022 issue of La Revue française des affaires sociales (RFAS)

Here is our international and multidisciplinary call for papers (in English or French) on “Psychosocial issues related to work.  Mental health and experiences of work, unemployment and precariousness ” For the October-December 2022 issue of La Revue française des affaires sociales (RFAS).

The deadline for submission is Thursday, 14 April 2022.

Editors are Diane Desprat (CNSA), Marielle Poussou-Plesse (LIR3S, UMR CNRS uB 7366) and Valérie Ulrich (MiRe, DREES).

This call for papers is addressed to researchers in sociology, economics, management, political science, philosophy, law, demography and anthropology, as well as contributors from occupational health and healthcare and medico-social fields.

The three axes of this call for papers are therefore as follows:

– The mediations of contemporary work organisations

– Margins of workplaces – interferences between Occupational health and Mental health fields

– Prevention, recognition and compensation: conditions, actors and categories.

The journal’s directions and standards for articles are also on line. Each article can include 45,000 characters, spaces included.

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AAC « Les enjeux psychosociaux liés au travail. Santé mentale et expériences du travail, du chômage et de la précarité » pour le 14/04/2022 (RFAS n°2022-4)

 

Appel à contribution pluridisciplinaire sur :

 

Les enjeux psychosociaux liés au travail.

Santé mentale et expériences

du travail, du chômage et de la précarité

 

Pour le numéro d’octobre-décembre 2022 de la RFAS

Le dossier sera coordonné par :

 

Diane Desprat (CNSA), Marielle Poussou-Plesse (Université de Bourgogne – Franche Comté et LIR3S, UMR CNRS uB 7366) et Valérie Ulrich (MiRe, DREES).

 

Cet appel à contribution s’adresse aux chercheurs en sociologie, économie, gestion, santé, science politique, philosophie, droit, géographie, démographie, anthropologie, ainsi qu’aux acteurs du champ sanitaire et médico-social.

 

Les articles sont attendus avant le jeudi 14 avril 2022

 

L’institutionnalisation des risques psychosociaux (RPS), comme catégorie d’analyse et d’action, s’est produite de manière accélérée en France au début des années 2010 dans le cadre initial d’une demande politique d’expertise (Gollac, 2012). Celle-ci relayait à la fois des préoccupations européennes relatives aux coûts du stress au travail et des médiatisations nationales des faits de harcèlement et de suicide liés au travail. Cette institutionnalisation a marqué une phase historique de réélaboration du problème politique des conditions de travail, après celle du début des années 1970 (Ughetto, 2011). Quel bilan et quelles perspectives en dessiner une décennie plus tard ?

Cet appel à contribution s’inscrit dans le cadre d’un programme de recherche qui a débuté en 2018 sous la forme d’un séminaire organisé par la Mission Recherche de la DREES, l’ONPES et le Bureau des Conditions de Travail et de Santé de la DARES (coord. Desprat, 2020). Suite à ce séminaire, un appel à recherches en sciences humaines et sociales a donné lieu au financement de dix projets et à des réunions d’échange avec les équipes porteuses depuis 2019 et jusqu’en 2022. Lancé avant la crise sanitaire, ce programme poursuivait déjà l’objectif de jeter des ponts entre les champs respectifs de la Santé-Travail et de la Santé Mentale-Handicap psychique auxquels la Revue française des affaires sociales a consacré antérieurement des numéros (RFAS, 2008 ; 2009 ; 2021). Malgré le manque de recul sur les effets structurels de la crise sanitaire, l’exposition de la société française à plusieurs épisodes de confinements et des transformations importantes des pratiques (télétravail, horaires allongés, etc.) donne une acuité particulière à cet objectif (Chalier et Ehrenberg, 2021).

 

Au-delà de la « nouveauté » des RPS

L’institutionnalisation des RPS a suscité une littérature foisonnante comme l’atteste par exemple le volumineux Dictionnaire des risques psychosociaux (Zawieja, Guarnieri (dir.), 2014, 314 entrées, 900 pages). Avec le recul, on peut considérer que les débats autour de la « nouveauté » des pénibilités à composantes psychiques et psychosomatiques ont structuré des logiques de production de connaissances. En forçant le trait, un double mouvement est repérable, déterminé par cette focale de la nouveauté. Dans un sens, les risques « émergents » qualifiés de psychosociaux sont considérés comme nouveaux ; dans le second, c’est l’étude des conditions de l’émergence du risque qui sert d’analyseur à la nouveauté de sa mise en forme et en sens au regard de dynamiques continues de changement des mondes du travail (Hatzfeld, 2004, 2012). A cette ligne de clivage générale engageant différents positionnements face à la question de la nature et du degré des changements en jeu, ont pu s’ajouter des controverses relatives à la polarisation d’un espace épistémologique entre des approches compréhensives des expériences de travail et des approches objectivistes en termes de facteurs de risque. Dans leurs grandes directions et échelles respectives, ces logiques de productions de connaissances ont contribué à enrichir considérablement les dimensions descriptives et analytiques des liens entre travail et santé. Les approches orientées par une visée de diagnostic d’ensemble ont ainsi nourri des enquêtes statistiques qui, en s’ouvrant aux pénibilités psychiques, ont publicisé en les mettant en chiffres des aspects jusque-là largement euphémisés de l’emprise du travail, comme les exigences émotionnelles, les conflits de valeurs ou l’insécurité de la situation d’emploi ainsi que leur distribution dans l’espace des positions socioprofessionnelles (Beque et Mauroux, 2017).

Tout en s’appuyant sur la richesse de ces travaux, le choix de l’expression « santé mentale » pour interroger le travail, ses mondes et ses marges emporte ici un infléchissement de focale. Il s’agit de prendre acte du fait que cette expression est devenue synonyme d’une référence à la fois polysémique et paradigmatique et qu’elle désigne ce faisant des ordres de phénomènes dont les logiques informent de plus en plus le travail. Polysémique, l’expression « santé mentale » désigne d’abord un champ d’intervention et un domaine d’action publique qui a redéfini et élargi en France à partir du milieu des années 2000 le périmètre de la politique de soins psychiques en se substituant à la psychiatrie tout en l’intégrant. Elle désigne ensuite une orientation normative diffuse, une valeur en soi représentée par l’aspiration à une « bonne santé », rapprochable de l’état de bien-être complet qu’a posé la définition de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Dans un troisième sens, elle renvoie à une palette d’états psychologiques, liée à l’identification et la publicisation de nombreux troubles qui ont profondément modifié l’appréhension de la relation normal-pathologique, et qui dans un objectif d’évaluations tendent à être classés le long d’un continuum allant de la très mauvaise santé mentale (troubles psychiatriques sévères et maladies mentales) à une santé mentale positive. Cette dernière renvoyant à des conceptions non cliniques du bien-être, voire du bonheur, en passant par des troubles d’humeur et anxieux plus ou moins légers. En dépit de l’ensemble des problèmes terminologiques et définitionnels que posent chacun de ces trois sens et leurs interférences (Lovell, 2004), leur association trouve un cadre d’appréhension commun qualifié de « paradigme de la santé mentale », lequel a pour principe organisateur l’inclusion sociale (Champion, 2014). En plaçant sous un même chapeau, malades psychiatriques caractérisés, détresse correspondant aux difficultés existentielles et santé mentale positive, il s’agit tout à la fois de déstigmatiser les premiers, en favorisant leur intégration dans la cité, de prévenir les évolutions négatives d’épisodes difficiles et de promouvoir la qualité de vie en général.

On peut faire l’hypothèse que ce triptyque de la santé mentale interfère de manière complexe et sans doute encore confuse avec celui qui caractérise la prévention des risques professionnels (primaire, secondaire, tertiaire), sachant que ces risques se sont édifiés historiquement sur un « droit des corps meurtris » (Ponge, 2020).

 

Objectif du dossier

Des angles morts et dissonances ressortent des travaux existants, que cet appel propose d’aborder à partir de trois axes articulés à trois constats[1].

Tout d’abord, des médiations, niveaux, échelles ou outils d’analyse manquent pour documenter de manière plus systémique les mondes du travail dans leur diversité du point de vue des mobilisations des subjectivités qu’ils exigent et suscitent.

Ensuite, la littérature récente majore le cadrage des problématiques en coupe instantanée et finalement, à partir d’un référentiel salarial présupposé intact. Autrement dit, les enjeux psychosociaux liés au travail se donnant à observer à partir de situations multiples aux marges d’une relation d’emploi effective et pleine, restent notablement sous-investigués. Or non seulement de nombreux indices convergent pour en indiquer l’importance critique mais c’est aussi à partir de ces situations que la factualité particulière des troubles psychiques de santé interroge les statuts variés qui les abritent en lien avec le travail (chômage de longue durée ou intermittent, handicap, invalidité, inaptitude, arrêts maladie de longue durée ou répétée).

Enfin les évolutions de la prévention et de la réparation des « risques » psychosociaux méritent d’être scrutées, à l’heure du lancement du Plan Santé Travail 4, dans un contexte de réformes institutionnelles qui ont transformé et continuent de transformer avec l’entrée en vigueur en mars 2022 d’une nouvelle loi Santé-Travail, les instances et les pratiques des acteurs de la santé au travail, dans un contexte également d’après-confinement dont les spécialistes en management décrètent volontiers qu’il repose la question générale du « contrat psychologique » entre les salariés et leurs employeurs.

L’hypothèse générale du dossier, issue du programme dont il souhaite marquer l’aboutissement, est que parce qu’ils les majorent, les enjeux psychosociaux liés au travail contemporain obligent à se confronter plus explicitement aux difficultés structurelles des analyses des liens santé-travail, en particulier celles relatives à l’articulation de leurs trois grandes facettes, à savoir le travail comme facteur délétère, le travail comme opérateur de santé et le travail comme facteur de sélection par la santé (Bouffartigue et al., 2010). C’est dans cet esprit que le dossier vise à rassembler les contributions scientifiques les plus heuristiques et éclairantes théoriquement et empiriquement. Des articles s’appuyant sur des approches interdisciplinaires et mobilisant de manière hybride le champ de la santé au travail et celui de la santé mentale sont particulièrement attendus.

 

Précision

Non thématisées pour elles-mêmes, les dimensions genrées, socioprofessionnelles et générationnelles ou d’âge sont considérées comme transversales aux trois axes et peuvent être placées au cœur de contributions. De même, sont sollicités des articles sur la suicidalité, dont le lien avec des modes d’organisation du travail délétères ou la situation de perte d‘emploi est aujourd’hui avéré mais insuffisamment investigué.

 

Axe 1 : Médiations des organisations contemporaines du travail

Les enjeux psychosociaux liés au travail entretiennent des liens duels avec l’approche en termes de conditions de travail et d’emploi. D’un côté, envisagés en tant qu’effets sur la santé, ils apparaissent comme déterminés par ces conditions. De l’autre, en tant que registre identitaire d’expression d’un rapport syncrétique au travail, ils orientent au contraire vers une analyse de l’activité de travail sous l’angle de l’expérience des conditions de sa réalisation productive. Cette dualité est à l’origine de dissonances régulièrement notées à propos des constats issus des grandes enquêtes statistiques (e.g : Lallement, Marry et al., 2011). Ceux-ci présentent des décalages entre des mesures d’exposition et la déclaration d’une forte satisfaction au travail (e.g. : Dares, 2019). Ce premier axe propose d’investiguer les tenants et aboutissants de cette dualité en sollicitant des contributions sur les médiations organisationnelles qui en déterminent les déclinaisons.

  • Typologies des organisations productives

            Après une vague de travaux au début des années 2000, l’intérêt académique pour la caractérisation des organisations du travail et de leurs dynamiques de changement du point de vue de leurs effets sur la santé, apparaît moins soutenu, à l’exception des sciences de gestion. Le prolongement et l’approfondissement des démarches typologiques différenciant des formes d’organisation selon des critères relatifs aux caractéristiques de l’activité, aux structures hiérarchiques et aux modes managériaux (Amossé et al., 2014, Askenazy et al., 2006 ; Daubas-Letourneux et Thébaud-Mony, 2003 ; Valeyre, 2006) sont pourtant plus que jamais nécessaires pour instruire les médiations entre les déterminants économiques et financiers de logiques productives et les expériences situées d’un travail possiblement précarisant. A ce titre, si le lean production et le management par les normes de qualité ont pu focaliser l’attention, la documentation de leur implantation dans les différents univers productifs, de leur variabilité d’application (Bouville et Schmidt, 2017) reste à approfondir.

La modélisation des contextes organisationnels du point de vue des expositions aux risques psychosociaux qu’ils fabriquent soulève la question de leur capacité à servir de guide pour l’intervention. Très peu de travaux en sciences sociales affrontent cette question. Or l’outillage du dialogue social et des Comités sociaux et économiques (CSE) en grilles d’action sur les facteurs organisationnels pertinents de la santé au travail est une question centrale qui mérite d’être davantage investiguée (Sardas et al., 2011).

Dans le même ordre d’idées, des contributions sont attendues sur la manière dont les progrès des méthodologies statistiques et économétriques permettent de dépasser les limites identifiées dans la démonstration de causalités et l’objectivation des coûts concernant les liens entre l’organisation du travail et la santé mentale (Sultan-Taïeb et Niedhammer, 2012). On pourra à ce compte interroger les apports et écueils des constructions statistiques qui élaborent ces liens selon des gradients quantitatifs présupposant des linéarités : linéarité des états (de la santé mentale négative à la santé mentale positive) comme dans le score Who-5 de bien-être psychologique, linéarité des impacts des conditions de travail sur la santé mentale (modèles de Karasek, Theorell, et de Siegrist) (Coutrot, 2018).

C’est aussi l’actualité de traditions d’analyse des jeux organisationnels qu’invitent à questionner les tendances gestionnaires à la déréalisation du travail vivant, autour des notions-clés de régulation, de stratégie et de domination dans les entreprises et les administrations. La problématique de la régulation telle que l’a posée J.-D. Reynaud a par exemple donné lieu à l’identification d’un nouveau type complétant ceux des régulations de contrôle, autonome et conjointe : une régulation qualifiée de « disjointe » – caractérisée par le fait que direction et salariés travaillent ensemble sans être d’accord – peut être une modalité de fonctionnement durable des organisations (Mainhagu, 2016). Elle rejoint sans doute la question des formes de coping collectif face aux risques psychosociaux (Loriol, 2014), et de leurs conditions d’émergence selon que les impératifs de coordination priment sur, voire entravent, les possibilités de coopération (Durand, 2014). Mais le constat de rapports différenciés aux outils de gestion – de la résistance à l’appropriation critique en passant par la conformation subie – au sein d’une même organisation invite aussi à interroger les raisons et les dispositions des travailleurs et travailleuses présidant à cette ambivalence des usages de ces outils en contexte (Chiapello et Gilbert, 2014).

Enfin, deux entrées sur les déterminants des logiques organisationnelles en matière de RPS restent des angles morts de l’analyse des médiations : l’intensité et les formes d’exeat qui les caractérisent d’une part, et la place du management intermédiaire d’autre part. Faire défection est une des formes spontanées les plus anciennement repérées de lutte contre l’usure par les travailleurs et travailleuses (Cottereau, 1983). Dans quelle mesure les flux de départ des salariés de certains contextes productifs peuvent-ils être analysés comme liés à leur santé mentale ? Peut-on établir un lien entre le succès de la rupture conventionnelle créée en 2008 comme troisième voie de rupture du contrat de travail, s’ajoutant au licenciement et à la démission, et des pratiques managériales d’évitement des RPS ou de leur gestion (Roblin, 2020) ? Comment les phénomènes de sous-traitance interne au sein des organisations dans les activités classiques (nettoyage, accueil, gardiennage, restauration collective, chantiers de construction) mais aussi au-delà, contribuent-ils à l’intensification du travail, tout en rendant travailleurs et travailleuses des prestataires ou des donneurs d’ordre plus captifs et captives ?  Dans quelle mesure la désertion des salariés du secteur de l’hôtellerie-restauration, exacerbée par la crise sanitaire, reflète-t-elle la recherche de conditions de travail moins difficiles ? L’importance des cadres de proximité, de leur formation et leur sensibilisation aux expressions de mal-être et de leur capacité à les articuler à des problèmes opérationnels pour les faire remonter et les mettre en discussion dans les organisations, est régulièrement mise en avant de manière générale. Qu’en est-il dans les pratiques ? Cette question pourra tout particulièrement être posée dans le cas d’entreprises se présentant comme proactives en matière de libération des initiatives et de bien-être des salariés, qu’elles revendiquent des pratiques de slow management ou l’étendard d’« entreprise libérée ».

  • Dimensions vocationnelles des professions et indépendances professionnelles

Si de manière générale les processus qui conduisent les individus ou les groupes à prendre conscience de leurs conditions de travail restent en partie obscurs (Volkoff, Gollac, Wolff, 2014), la question se pose d’autant plus pour les configurations d’organisation de l’activité qui mobilisent particulièrement des ressorts vocationnels et/ou des statuts d’auto-emploi. Si les professionnel.le.s de santé, du travail social et de l’enseignement ont déjà été beaucoup étudié.e.s sous cet angle, les habits neufs sous lesquels se joue la perpétuation de malaises structurels méritent d’être scrutés. Ainsi, la fonction publique hospitalière voit depuis plusieurs années, avec le développement des nouvelles technologies et de nouveaux modes de management, une augmentation du nombre d’agents publics soumis à un contrôle ou un suivi informatisé, parallèlement à un travail morcelé et une exposition aux contraintes de rythme élevé (Dares Analyse, 2017). Ces derniers se retrouvent alors face à une injonction contradictoire : faire plus avec moins. Par ailleurs, dans un contexte de réorganisation territoriale, la proportion de salariés craignant pour leur emploi n’a cessé d’augmenter dans la FPH. De même, la « reconversion professionnelle » des médecins généralistes qui quittent le secteur libéral pour le secteur salarié est en partie motivée par la recherche de meilleures conditions de travail.

Si elle n’est plus depuis peu un sujet voilé, la sursuicidité des indépendants reste largement à interroger. Non couvertes par la branche AT-MP, à l’écart de la surveillance de la médecine du travail, leurs conditions interrogent, autant qu’elles transforment, les mondes du travail dans leur diversité. Qu’ils aient un profil d’indépendants « classiques » (artisans, commerçants, agriculteurs), de freelances ou d’autoentrepreneurs de plateformes, leurs organisations du travail obligent à réfléchir plus expressément que pour la figure standard du salarié (cadrée juridiquement, spatio-temporellement), un ensemble de médiations qui lient la « santé » de leur activité à la leur (ressources familiales, support conjugal, petit collectif de travail au fonctionnement plus ou moins informel, conseils experts, etc.)  (Célérier, dir. 2014). Des contributions sont donc particulièrement attendues sur ces situations denses à la fois en risques et en attachements à l’autonomie, en dehors du cadre réglementaire des conditions de travail.

Dans les deux cas, on pourra s’interroger sur les prises qu’ils offrent ou au contraire, découragent pour des mobilisations collectives expresses sur le thème des pénibilités et souffrances psychiques. Si des enseignant.e.s-chercheur.e.s ont par exemple récemment adressé une lettre ouverte à la direction de leur université expressément titrée « Notre souffrance est politique » (Collectif, 2021), des thématisations aussi directes restent rares. Elles appellent des éclairages sur les ressources et difficultés de processus de montée en généralité mettant en politique les difficultés vécues de manière plus ou moins atomisée, comme insupportables des quotidiens du travail.

  • La part d’auto-organisation requise par les contenus des activités

Liée aux précédentes, une dernière dimension des médiations organisationnelles importe pour l’attention qu’elle contient aux contenus et à l’ordonnancement pratiques des activités : pour un nombre croissant de personnes, « travailler, c’est s’organiser », plus expressément et intensément que par le passé (Bidet, Datachary et Gaglio, 2017). Requise par des injonctions ou incitations à se disperser, elles-mêmes démultipliées par les outils numériques, cette part d’auto-organisation peut se solder par des expériences contrastées, entre une multi-activité stimulante à même de maintenir une cohérence dans une même grappe de préoccupations et une multi-activité « de débordement ». La distinction appelle à être prolongée en creusant les dimensions temporelles de l’exposition à une fragmentation délétère.

Plus généralement, l’identification de ce qu’on peut appeler des scénarios de (dé)gradation, faisant passer insensiblement de l’expérience du travail sans risque à celle du travail vécu comme risqué, pourrait montrer les conditions du basculement (Ughetto, 2011).

Enfin, l’outillage du contrôle à distance des temps et rythmes de travail, qu’il prenne la forme d’un logiciel de comptage des heures introduit dans une démarche de qualité de vie au travail dans une administration départementale (Dramba, 2019) ou celle du guidage par commande vocale dans des entrepôts logistiques (Gaborieau, 2012), invite à investiguer finement l’auto-organisation comme économie de soi dans les contextes et chaînes de l’automatisation contemporaine. Là aussi, l’attention systématique aux moments et critères de basculement de l’ordinaire au délétère, serait une source de progression des connaissances. Elle pourrait s’orienter du côté d’un des acquis les plus anciens des travaux sur la fatigue ou sur le stress : le critère de la récupération dans la distinction entre bonne et mauvaise fatigue, bon et mauvais stress (e.g : Loriol, 2016).

 

 

 

Axe 2 : Marges du travail

Ce deuxième axe porte sur l’ensemble des situations potentiellement critiques du point de vue de la santé mentale que la focale sur les relations d’emploi effectives tend à invisibiliser. Il vise aussi à documenter les continuums qui peuvent exister entre elles sous des statuts variés (chômage long ou intermittent, minima sociaux, handicap, invalidité, inaptitude, arrêts maladie de longue durée ou répétés).

Les atteintes à la santé mentale chez les travailleurs précaires et au chômage

Le marché du travail expose à la précarité de l’emploi avec le développement de contrats « atypiques » (contrat à durée déterminée, emploi aidé, etc.), un nombre élevé de salariés aux horaires flexibles et irréguliers, à temps partiel. Les salariés cumulant plusieurs emplois représentent 5 à 6% des travailleurs depuis une quinzaine d’années, mais on connaît peu de choses sur leurs conditions et expériences de travail. Plus généralement, « la multiplicité des statuts et le nombre de travailleurs précaires qui passent dans l’entreprise sont une autre difficulté rendant très complexe leur suivi médical. Cette inégalité avec les travailleurs en contrat à durée indéterminée perturbe la connaissance des atteintes à la santé au travail et la détection des inégalités sociales de santé. La précarisation du travail a ceci de paradoxal qu’elle occulte ses propres effets sur la santé des travailleurs précaires » (Lerouge, 2009, 4).

De même, reste à explorer comment les activités, souvent précaires, issues de « l’ubérisation » du travail impactent la santé des travailleurs (travailleurs des plateformes, auto-entrepreneurs, « travailleurs indépendants économiquement dépendants », « travailleurs du clic » etc.). Ces activités situées dans ce qu’il est communément appelé les zones grises de l’emploi, à la frontière du salariat classique et du travail indépendant, interrogent les notions d’autonomie, de santé mentale et de santé au travail. L’usure concomitante de la santé psychologique et physique que peuvent entrainer les activités structurées par un algorithme ou une application, dont les livreurs à vélo sont emblématiques, reste un questionnement sous investigué.

Quelques travaux ont suggéré comment la perte d’emploi, a fortiori durable, ou l’intermittence de la relation d’emploi pouvait conduire à des traitements par le système public de l’emploi également « paradoxaux ». Non seulement ces derniers évacuent la question des liens entre précarité actuelle et atteintes à la santé d’origine professionnelle mais ils exposent à des injonctions ou dissuasions au retour à l’emploi lourdes de présupposés dans les deux cas lorsqu’il y a un diagnostic posé sur la santé mentale des intéressé.e.s. (e.g. : Frigul, 2012 ; Hélardot, 2009 ; Roupnel-Fuentes, 2021). Les voies par lesquelles l’ensemble de l’existence peut se fragiliser (difficultés d’accès au logement, aux ressources dites de base, à se projeter dans l’avenir, etc.), détruire la santé psychique à l’épreuve de processus de désaffiliation et conduire au geste suicidaire, en lien en particulier avec le choc psychologique que peut constituer la perte d’un emploi, sont plus que jamais à investiguer ainsi que les lacunes dans un accompagnement qui permettrait de les prévenir.

L’insertion professionnelle dans le traitement des personnes handicapées psychiquement

Si le handicap psychique n’est pas légalement défini, une réforme du barème de l’évaluation des handicaps en 1993, puis la loi de 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » ont engagé sa reconnaissance en tant qu’altération d’une ou plusieurs fonctions psychiques comme facteur de handicap. Le handicap est évalué en fonction des limites qu’il entraîne dans la vie quotidienne, elles-mêmes mesurées par un taux d’incapacité permanente. L’Allocation Adulte Handicapé (AAH) est attribuée aux personnes atteintes d’un taux d’incapacité permanente de 80% ou plus. Les personnes ayant un handicap de 50% à 79% peuvent en bénéficier à condition d’avoir été reconnues comme ayant une restriction substantielle et durable d’accès à un emploi par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH). Depuis les années 1990, les personnes handicapées psychiques fournissent le plus gros contingent des allocataires à ce taux de 50 % (Milano, 2009), donc en lien avec des difficultés importantes d’accès à l’emploi.

Que sait-on des parcours et profils de ces allocataires ? De leur expérience de dispositifs d’activation les orientant en milieu ordinaire ou en milieu protégé ? De leur place dans les embauches ou maintien en emploi au titre de l’Obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH) des employeurs ?

Le maintien en emploi des salarié.e.s aux « comportements étranges »

Une dernière marge encore plus obscure est formée par les cas de troubles psychiques qui « dégénèrent » en situation de handicap en milieu ordinaire de travail, au sens d’entrave à la participation au collectif attendue dans l’organisation employeuse. Donc sans que la personne salariée soit officiellement reconnue comme handicapée psychique. Les très rares travaux sur ces configurations tendent à indiquer que non seulement elles sont loin d’être exceptionnelles mais qu’elles font l’objet de préoccupations pionnières de grandes entreprises, en quête d’outils face à des logiques désarmantes (Le Roy-Hatala, 2009).

 

Axe 3 : Prévention, reconnaissance et réparation : dispositifs, pratiques et catégories.

Ce troisième axe a pour objectif de questionner le développement des dispositifs et pratiques de prévention, mais aussi de postvention, en matière de santé mentale ainsi que les enjeux liés aux procédures de reconnaissance et de réparation des psychopathologies professionnelles et des suicides liés au travail. Les points de vue juridiques sont ici tout particulièrement attendus.

En préambule et de manière générale, on sait que les consultations pour risque psychosocial sont devenues la première cause de consultation pour pathologie professionnelle et que les soins liés aux troubles mentaux représentent la première cause de mise en invalidité, les troubles dépressifs, émotionnels ou névrotiques étant les diagnostics les plus fréquents. La probabilité de faire l’expérience de troubles psychiques au cours de sa vie professionnelle a fait l’objet de chiffrages à des échelles variées et selon des méthodologies diverses, tendant tous à en montrer l’importance. Une vue synthétique sur les dispositifs d’enregistrement des différents types d’arrêts de travail permettant de reconstituer leurs liens avec des troubles psychiques ou des affections psychiatriques serait bienvenue. De même, toute tentative de mieux connaître et mesurer les suicides liés au travail est encouragée.

Prévention et postvention

Depuis les années 2000, des évolutions de la réglementation ont permis le développement du droit de la prévention de la souffrance mentale occasionnée par le travail. La loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 portant, entre autres, sur le harcèlement moral, constitue un tournant. En effet, auparavant, le droit du travail français se focalisait uniquement sur l’aspect physique de la santé au travail, plus précisément sous l’angle de la maladie et de l’aptitude (Lerouge, 2005, 2009). Seuls certains évènements traumatiques, pouvant être ramenés au cadre de séquelles d’accidents du travail, étaient pris en charge, comme dans le cas de troubles psychiques suite à des hold-up. Désormais, l’obligation de prévention porte également sur la santé mentale. À cela s’ajoute l’obligation de résultat, même si son principe a pu être tempéré par un arrêt de 2015 de la Cour de Cassation. Les RPS sont ainsi devenus un enjeu de négociation paritaire.

La prise de conscience de l’importance de la prévention de la santé mentale a donné lieu à une série de mesures dans les entreprises qui s’est traduite par une identification des facteurs pathogènes afin de rendre possible le recours au dépistage des salariés en difficulté ; une volonté de favoriser l’adaptation des travailleurs, tant au niveau individuel que collectif, face au stress ou aux exigences professionnelles et un objectif de permettre la réintégration de l’individu en situation de mal-être au sein de l’entreprise (Rouat, 2017). Dans ce contexte, les pratiques individualisantes de prévention secondaire des atteintes à la santé mentale au travail se sont développées, les entreprises faisant appel à des experts (coachs, spécialistes en développement personnel, consultants, numéros verts, etc.) afin de repérer les travailleurs perçus comme « fragiles » (Salman, 2008). Ainsi, certains chercheurs (Clot, 2015 ; Lhuilier, 2017) constatent une tendance à l’individualisation et à la psychologisation des atteintes à la santé mentale au travail qui se traduit par une intervention centrée sur l’individu perçu comme « fragile ». Parfois employé comme une alternative à la prévention primaire (la réforme de l’organisation du travail pour donner aux salariés les moyens de faire un travail de qualité), ce « repérage » des salariés fragiles s’exprime par la mise en œuvre de dispositifs palliatifs (écoute, travail sur soi, développement des capacités à faire face et à s’adapter, etc.). Or, ces actions tendent à refuser toute transformation de l’organisation du travail et faire porter la responsabilité sur le travailleur. L’origine de la souffrance est alors perçue comme individuelle, intrinsèque à la personne en difficulté et donc extérieure au champ professionnel. Ces pratiques débouchent alors parfois vers un renforcement de l’étiquetage de ces travailleurs et leur éviction progressive du collectif de travail jusqu’à la mise au placard (Lhuilier, 2002). Des articles pourraient ainsi interroger cette individualisation de la souffrance mentale des travailleurs par les directions mais aussi les effets sur les collectifs de travail. Comment l’attention officiellement renforcée au risque de désinsertion professionnelle peut-elle coexister avec des phénomènes d’accoutumance des personnes aux tensions organisationnelles ?

En lien, des contributions pourront se pencher sur le rôle des instances et professionnels investissant la prévention des atteintes à la santé mentale (CSE, associations, réseaux d’experts, inspecteurs du travail, médecins du travail et services de santé au travail, etc.). C’est le cas notamment des syndicats, qui voient parfois dans la problématique de la santé mentale une nouvelle manière de porter les revendications salariales et une possibilité de capter une nouvelle branche du salariat réticente à l’action collective (Rhéaume, 2008 ; Marichalar et Martin in Lallement, Marry et al., 2011 ; Mahouche, 2014). Il pourrait également être intéressant d’intégrer aux analyses l’action collective sous des formes moins étudiées telles que les régulations informelles à l’intérieur des collectifs de travail, et ce afin de penser la question de l’évaluation de ces actions de prévention dans leur diversité mais aussi leur rôle dans le « travail de santé » visant à prévenir les souffrances psychiques liées au travail. Enfin, des analyses pourront porter sur l’évaluation des interventions dans les entreprises suite à des cas de suicides liés au travail (postvention) ou à la gestion de la mortalité épidémique dans les établissements d’accueil de personnes vulnérables.

Les processus d’institutionnalisation des questions de santé au travail dans les entreprises et autres organisations employeuses soulèvent d’épineuses interrogations. Certaines rejoignent celle déjà évoquée des conditions de mobilisations collectives autour des atteintes à la santé mentale. D’autres engagent la portée effective de cadres juridiques comme ceux relatifs au « droit d’alerte » et à la « charge de travail ». On peut enfin s’interroger sur les raisons pour lesquelles des propositions anciennes, parmi les plus engageantes en termes de RSE, comme celle d’indexer la rémunération des cadres dirigeants à une performance sociale de leur organisation incluant des indicateurs de santé au travail (Lachman, Larose, Penicaud, 2010), n’ont pas trouvé à s’institutionnaliser.

Reconnaissance et réparation

Un récent rapport couvrant trente ans de littérature consacrée à La sous-reconnaissance des maladies professionnelles en France note « le décalage saisissant entre une littérature récente foisonnante sur les risques psychosociaux ou la souffrance psychique au travail, aussi bien en psychologie qu’en sociologie ou en gestion, et l’absence de recherches issues de ces mêmes disciplines concernant les mécanismes de non reconnaissance, puis de sous-reconnaissance juridique des affections psychiques liées au travail, et par conséquent leur sous-indemnisation » (Barlet, Prete, 2021, p. 62). Comme le rappelle la même source, l’absence de tableaux de maladie professionnelle concernant les affections psychiques – la reconnaissance du burn-out ayant été rejetée en 2018 – est un fait premier, qui ne distingue pas la France des autres pays européens.

Pour autant, les possibilités de reconnaissance via le système complémentaire (CRRMP) ou par la voie pénale montre une série dirimante d’obstacles qui pour être bien identifiés (dont auto-censures et administration de la preuve face à la multifactorialité des causes), sollicitent des éclairages empiriques à approfondir, notamment au regard de la jurisprudence. Quels sont les parcours différenciés des plaintes relatives à un problème de santé mentale relativement à celles engageant des dommages « matériels » ?

Expertises et catégories

Le gouvernement a modifié en 2018 les conditions de mobilisation des connaissances scientifiques en séparant la phase d’expertise et la phase de négociation dans le cadre de la procédure de création ou de révision des maladies professionnelles. On sait de longue date que l’expertise est une donne majeure du caractère négocié des problèmes de santé (dont au travail). De manière transversale, l’attention pourra donc porter sur les profils des experts, leur travail, les conflits de légitimité en matière de réparation, mais aussi de prévention.

Les chercheur.e.s en SHS sont invité.e.s à s’inclure dans le périmètre, en particulier du point de vue de leurs contributions à des renouvellements de cette expertise. Deux pistes peuvent être suggérées de manière ouverte. Elles se rejoignent autour de ce qui fait la singularité de l’être-affecté psychiquement par le travail : un rapport à soi-même troublé qui vulnérabilise face à des démarches de reconnaissance, elles-mêmes selon un cercle vicieux éprouvantes psychiquement ; des symptômes parfois difficiles à distinguer des causes et des conséquences sur la vie quotidienne ; une variabilité dans la durée voire une réversibilité qui a pu justifier que les troubles psychiques soient exclus de la reconnaissance de la pénibilité (Poussou-Plesse et Duplan, 2014) ; une invisibilité qui peut favoriser des dénis eux-mêmes associés à la honte.

On peut alors s’interroger sur les conditions et moyens de favoriser une expertise par cas. Si la légitimité de l’expertise par cas dans la production et l’institution de nouvelles connaissances est évidente dans nombre de contextes cliniques ou d’instruction de problèmes de santé publique (Benamouzig, Dourlens, 2015), elle est moins affirmée comme telle et nettement plus confinée (CRRMP) dans le champ de la santé au travail. Pourtant les travaux de référence en psychodynamique du travail (Dejours, 2000), en clinique de l’activité (Clot, 2015), en sociologie clinique (Gaulejac, 2011), en psychologie du travail (Lhuilier & Waser, 2016) reposent foncièrement sur ce type d’expertise. Des enquêtes telles que Sumer et le programme MCP de surveillance des maladies à caractère professionnel (Khireddine et al., 2015), en mobilisant la participation de médecins du travail, représentent déjà des dispositifs permettant d’articuler des mesures de prévalence des troubles psychiques à des diagnostics cliniques. La portée et les difficultés de leur démarche méritent là aussi d’être mieux connues. Un enjeu est d’armer une expertise renouvelée qui fasse valoir les conditions compliquées (notamment de confiance) dans lesquelles peut se faire l’enregistrement d’un mal-être imputable au travail, dans un contexte hexagonal où par ailleurs les médecins généralistes restent souvent peu formés et habilités à traiter du travail comme facteur de pathologie autrement qu’en prescrivant des médicaments psychotropes.

Il est par ailleurs possible que les SHS gagnent à innover sémantiquement face à des « expositions » qui n’ont pas la même nature et consistance que celles des AT-MP classiquement reconnus, ni ne suscitent les mêmes façons de faire avec. Si « les mots du champ de la santé sont systématiquement performatifs d’une vision du monde, d’une vision de la santé, d’une vision politique de la vie en société », on peut chercher des vocables plus neutres comme le propose un ouvrage collectif en sociologie de la santé mentale autour de l’expression « Aller mieux » (Demailly et Ganroussi, 2016).

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Pascal Ughetto. Qui a besoin des risques psychosociaux? ”RPS”, construction d’un probl`eme

public et travail. Risques psychosociaux : quelles r´ealit´es, quels enjeux pour le travail?, Octar`es,

pp.49-75, 2011

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Zawieja Ph., F. Guarnieri F. (dir.), (2014), Dictionnaire des risques psychosociaux, Paris, Seuil.

 

Des informations complémentaires sur le contenu de cet appel à contribution peuvent être obtenues auprès des coordonnateurs aux adresses suivantes :

Diane.DESPRAT@cnsa.fr

Marielle.Poussou@u-bourgogne.fr

Valerie.ULRICH@sante.gouv.fr

Les auteur·e·s souhaitant proposer à la revue un article sur cette question devront l’adresser avec un résumé et une présentation de chaque auteur·e

(cf. les « conseils aux auteurs » de la RFAS [en ligne https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-02/Charte%20deontologique%20et%20conseils%20aux%20auteurs.pdf )

à cette adresse:

rfas-drees@sante.gouv.fr

avant le jeudi 14 avril 2022

 

[1] Lesquels font écho avec ceux du programme en cours du GIS Gestes : https://gestes.cnrs.fr/programme-scientifique-2021-2025/

 

RFAS 2022-3/ Critère de l’âge

 Appel à contribution pluridisciplinaire sur :

 

« Représentations sociales et catégorie d’action publique des âges en France et au Canada : où en sommes-nous en 2022 ? »

 

Pour le numéro de juillet-septembre 2022 de la RFAS

Le dossier sera coordonné par Laëtitia Ngatcha-Ribert (Université Le Havre-Normandie – Laboratoire IDEES), Bernard Ennuyer (ETRES), Marie Beaulieu (Université de Sherbrooke) et Martine Lagacé (Université d’Ottawa).

 

Cet appel à contribution s’adresse aux chercheurs en démographie, sociologie, économie, science politique, gestion, psychologie, communication, philosophie, droit, anthropologie, ainsi qu’aux acteurs du champ sanitaire et médico-social.

Les articles sont attendus avant le jeudi 10 mars 2022

Une réunion de travail est proposée  aux contributeur·trice·s potentiel·le·s le mardi 15 février au matin dans les locaux du ministère (salle 4111 R, entrée par le 18 place des Cinq-Martyrs du Lycée Buffon, métro Gaîté, Pasteur ou Montparnasse) avec une possibilité de participer également à distance. Vous pouvez nous signaler dès maintenant votre intérêt à l’adresse : RFAS-DREES@sante.gouv.fr

 

 

Si la désynchronisation des différents âges de la vie et la fin de la vision ternaire du parcours de vie ne font pas de doute, les politiques publiques ont grandement et longtemps contribué à encadrer les âges (Guillemard, 2010), à l’aune de différentes normes mouvantes et d’une « police des âges » politico-administrative. Celle-ci a notamment contribué à délimiter les âges de la jeunesse et de la vieillesse, par la suite mise en cause (Percheron, 1991). Depuis le Secrétariat d’Etat français aux personnes âgées de 1982 (circulaire du 7 avril), qui a instauré une « stigmatisation institutionnalisée » (Ennuyer, 2020), il est vrai que l’on peut se demander : les politiques publiques en France et au Canada n’auraient-elles pas jusque-là contribué à une ségrégation des publics ciblés, en procédant, par une logique discriminatoire, à une séparation entre les différents types de populations et notamment entre personnes âgées et personnes handicapées ?

Conjointement, les inégalités sociales continuent, peut-être plus que jamais, à fracturer la société. On peut rappeler que chaque individu est le fruit d’un entremêlement certes de variables d’âges et de générations, mais aussi de genre, de classes sociales ou de groupes identitaires ou minoritaires. Dans ces conditions, dans quelle mesure ces déterminants s’entrecroisent-ils ? Attiser les braises d’une fantasmée guerre des générations ne fait-il pas que tenter de masquer leur force (Peugny, 2020) ? Que nous révèle en particulier la pandémie mondiale ? Paradoxalement, si certains redoutent une « lutte des âges », jamais l’intergénérationnel n’a autant été porté par différents acteurs et notamment par les pouvoirs publics, par exemple à travers la notion de société inclusive. Sur une longue période, est-on sûrs que les valeurs exprimées par les Européens ne divergent pas autant qu’on pourrait le penser en fonction de l’âge (Galland, 2021) ? Est-on sûrs que les attitudes et comportements au travail varient d’une génération à l’autre (Saba, 2017) ? In fine, au-delà des questions d’âge et de génération, lorsqu’est constatée une « explosion des inégalités » qu’aurait amplifié la pandémie de la Covid-19 (Lambert & Cayouette-Remblière, 2021), quelle place attribuer à l’âge, mais aussi au genre, à la classe sociale voire au statut social, au niveau d’éducation, à l’appartenance religieuse, philosophique, ethnique, à l’orientation ou l’identité sexuelle… ? N’existe-t-il pas des profils de populations plus en difficulté face aux discriminations liées à l’âge ? Comme l’affirme la sociologue Juliette Rennes, « l’usage politique des catégories d’âge masque et euphémise souvent d’autres rapports de pouvoir » (Rennes, 2009). Ne faut-il pas dès lors remettre au cœur des questions d’âge la question des catégories sociales en mettant en regard le critère de l’âge et une grille de lecture fondée sur les inégalités sociales et le positionnement social ? N’est-il pas plus facile de vivre sa jeunesse ou sa vieillesse en détenant certes du capital économique, mais aussi du capital social et culturel, pour évoquer Bourdieu ? Quelle est la bonne clef de lecture ?

Au vu de ces éléments, et dans une perspective de dialogue entre recherche et politiques publiques, nous aimerions poser la question suivante : Dans quelle mesure, à la lumière des travaux des deux côtés de l’Atlantique, l’âge est-il toujours un prisme pertinent pour analyser le monde social aujourd’hui, comprendre la réalité d’une part des jeunes et d’autre par des âgés/aînés, mais aussi leurs interrelations à travers la mise en place de politiques dites intergénérationnelles, leur image dans la société et le traitement dont ils font l’objet par les médias ou les pouvoirs publics ?

Ainsi, au-delà des peurs actuelles, comment l’âge et les critères d’âge au sein et au fondement de certaines actions publiques peuvent-il être, en 2022 repensés, voire éventuellement remis en question et dépassés ? A l’inverse, peut-on considérer que le contexte récent a permis plus ou moins légitimement de mettre au premier plan ce critère de décision d’action publique ?

Les trois axes problématisés suivants sont proposés pour structurer le numéro.

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1/ Les actions publiques ciblées sur des critères d’âges et de générations

Seront interrogées les actions menées par les pouvoirs publics ou par des acteurs mobilisés et partie prenante des politiques publiques.

On pourrait ainsi se demander : les politiques publiques ne sont-elles pas âgistes lorsqu’elles ciblent, donc réduisent et enferment, des catégories de personnes en fonction de leur âge ? ou en fonction des présumés problèmes que le groupe social pose ou serait supposé poser au reste de la société (perçues comme généralement coûteuses en raison de maladies et de la dépendance…) ? Pourtant, une société qui se voudrait inclusive ne serait-elle pas une société dans laquelle chaque habitant, quel que soit son âge, ou ses autres attributs, en serait un membre à part entière? Or, pour beaucoup, la façon dont la France a institué et conservé une prise en charge différenciée du handicap et de la dépendance, fondée sur la barrière de 60 ans, s’apparente à une discrimination.

A l’inverse, plusieurs autres pays ont fait des choix différents, sans distinction selon l’âge mais en fonction des besoins des personnes : comment peut-on expliquer ces choix ? Comme l’affirme René Rémond, « Depuis quelque trois cent ans, la société française, civile et politique a fait de cette division par âges un régulateur de la distribution des individus et le principe majeur de réglementation des activités de toute nature » (Rémond, 1991). Comme l’écrit Annick Percheron, dans le chapitre : police et gestion des âges du même ouvrage, « dans aucun Etat, sauf peut-être les États Unis des « civils rights », l’âge n’a fait l’objet en tant que tel, d’une politique publique particulière. Pourtant depuis l’époque moderne, la police des âges constitue une dimension essentielle de toute action politique. L’exercice par l’État de ses fonctions fondamentales d’ « instituteur du social », de « réducteur des incertitudes » ou de « régulateur de l’économie »[1] a partout conduit celui-ci à gouverner et à réglementer les âges. Avec pour conséquences un bouleversement des définitions et des perceptions des âges de la vie (…) Au travers des politiques de la famille, de l’éducation, de la protection sociale et de la santé, au travers de la mise en œuvre des systèmes de retraites et de préretraites, les pouvoirs publics ont régi peu à peu –quand ils ne les ont pas inventés-la prime enfance, la jeunesse, le troisième, le quatrième âge, bref tous les âges de la vie, sauf l’âge adulte. »

Sont générées par principe des situations liminaires que d’autres politiques publiques vont tenter de « lisser » : les débats politiques et sociaux autour d’un « RSA jeune », d’une allocation universelle jeune en sont l’exemple parfait. La limite d’âge de 25 ans, dont on se souviendra que ce seuil a été fixé de manière relativement aléatoire après les débats parlementaires relatifs au RMI entre les tenants d’une assistance publique et les tenants d’une solidarité familiale. En 2009, la mise en lumière de ces situations d’entre-deux a conduit le président de la République de l’époque à proposer un « RSA Jeune actif ». On pourra illustrer la limite des « âges seuil » en s’intéressant également à la question de l’âge de la retraite et des chômeurs âgés, dont le calcul ou la durée des droits sont aménagés relativement à l’âge (article 3 et 9 du Règlement d’assurance chômage). On pourra aborder le fondement souvent territorial des politiques jeunesse et vieillesse, l’aide sociale étant décentralisée. En outre, en prétendant à l’homogénéité dans l’âge, en considérant la population âgée ou la population jeune comme des ensembles monolithiques, en gommant les spécificités de chaque individu (générations, classes sociales, genres, territoires de vie, statuts matrimoniaux, appartenances culturelles, religieuses et philosophiques…) et en attribuant à leur catégorie dans leur globalité des qualités et des défauts, c’est-à-dire en l’occurrence ici surtout les stéréotypes habituels négatifs associés à la grande vieillesse (déclins, pertes et déficits, notamment cognitifs) ou à la jeunesse (insouciance, irresponsabilité, manque d’autonomie…), n’est-on pas dans une homogénéité sociale « fallacieuse » (Ennuyer, 2020) ? Pour prendre un exemple extrême, quels points communs existe -t-il entre la personne de 60-65 ans qui continue à travailler et une personne centenaire ? Dans un autre registre, n’est-ce pas une forme d’âgisme de regrouper par exemple dans les sondages d’opinion ou les enquêtes quantitatives les personnes entre 18 et 34 ans d’une part et toutes les personnes de plus de 65 ans d’autre part ? Comme le signalait Pierre Bourdieu, « la jeunesse et la vieillesse ne sont pas des données mais sont construites socialement, dans la lutte entre les jeunes et les vieux. Les rapports entre l’âge social et l’âge biologique sont très complexes » (Bourdieu, 1984).

2/ L’existence des discriminations elles-mêmes, y compris légales, et leur vécu

Le ciblage et le découpage de la population n’interviennent-ils pas souvent, selon une logique de discrimination positive, par souci de protection sociale des publics visés ? Il n’est qu’à penser aux débats sur les seuils d’âge de départ en retraite mais aussi à toutes les possibilités qui permettent aux seniors ou aux aînés (comme d’autres publics) de bénéficier de tarifs plus avantageux ou de réductions d’impôts. Dans cet axe seraient questionnés les dispositifs, liés à l’emploi notamment, qui autorisent une certaine forme de discrimination positive. On pourra penser aux mesures œuvrant au maintien dans l’emploi des travailleurs de plus de 50 ans ou aux leviers politiques favorisant le recrutement des jeunes travailleurs.

Le monde du travail est probablement l’un des secteurs qui a été le plus documenté sur cet aspect, que ce soit en raison des stratégies volontaires de sortie précoce des seniors de l’emploi mise en œuvre (Poussou-Plesse, 2007 ; Moulaert, 2012 ; Ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables des aînés, 2018 et 2014) ou des politiques actives d’emploi à l’attention des jeunes dans une visée d’insertion professionnelle et sociale, au cœur de l’interrogation sur l’existence d’un « modèle français » d’activation de la protection sociale (Barbier, 2002 ; Barbier, 2008). Récemment également, des mesures de soutien ont été mises en place pour les étudiants (en France mais aussi au Canada à travers les annonces du premier Ministre Justin Trudeau, le 28 avril 2021). L’accès à l’emploi et à la formation professionnelle est également un enjeu important de part et d’autre de l’Atlantique (par exemple en France avec « un jeune, une solution » et au Canada avec le rapport du groupe d’experts sur l’emploi des jeunes en 2017). Certains ont demandé des « mesures sociales d’urgence » comme un revenu minimum pour les moins de 25 ans et l’extension des aides sociales de droit commun aux 18-25 ans (Huillery, 2021).

A l’heure où des appels à des approches plus transversales des âges de la vie sont lancés (Van de Velde, 2015), qu’entraîneraient dès lors des politiques « neutres » du point de vue de l’âge ? Si en 2009, certains appelaient à une prudence vis-à-vis de ces dernières, la discrimination par l’âge étant une réalité ambivalente mêlant exclusion et inclusion (Caradec et al, 2009), qu’en est-il en 2021 ? Ne risque-t-on pas, par des mesures spécifiques, d’alimenter justement cette « guerre des âges » visiblement tant médiatisée et tant redoutée ? Comme le soulignait Geneviève Laroque : « Nous avons à revoir notre regard sur la vieillesse, mais sûrement pas en prenant des dispositifs spécifiques à son profit, parce que son profit deviendra son tort. Par contre, nous sommes obligés de prendre des dispositions importantes, de façon à venir en aide aux personnes en situation de maladie chronique invalidante ou handicapante avec des soins de longue durée » (citée dans Ennuyer, 2012). Et en quoi la notion de discrimination systémique reconnue dans une décision de 1987 par la Cour Suprême du Canada peut-elle permettre de repenser les catégories juridiques liées à l’âge dans une vision de l’inclusion des personnes vieillissantes (Mercat-Bruns, 2021 ? Les contributions pourront aussi explorer les mesures mises en place dans l’objectif de créer de l’intergénérationnel, comme nouvelle injonction des rapports entre classes d’âge.

Sera portée une attention particulière sur le vécu des personnes concernées, leurs « expériences concrètes » et sur les effets tant sociaux qu’individuels de ces politiques des âges.

Il s’agira de chercher à comprendre la manière dont ces publics bénéficiaires réceptionnent les discours et vivent leur recours à ces dispositifs. Si ce type de questionnement a déjà été traité autour des politiques ciblant les travailleurs handicapés ou visant à favoriser l’égalité homme-femme, nous disposons de peu de travaux de recherche questionnant l’effet des politiques des âges sur leurs bénéficiaires. Quels sont les effets tant sociaux qu’individuels de ces politiques des âges ? Comment chacun s’arrange-t-il avec ces catégories et ces politiques publiques ciblées sur l’âge ? Quelle est la réalité des barrières dans le quotidien des personnes concernées ? Quels pans de la société sont-ils concernés ? Comment vivent-ils ces dispositifs ? Quid de leur intégration dans un collectif de travail ? Se perçoivent-ils ou sont-ils perçus comme illégitimes à occuper tel emploi ? Quelles sont leurs relations avec les personnes d’autres générations ? Bénéficient-ils d’un « accompagnement » qui permet de mettre en œuvre la solidarité collective sous une forme renouvelée (Outin, 2016) et comment l’appréhendent-ils ?

Les contributeur·trice·s exploreront les expériences concrètes de l’âgisme, ainsi que les conditions de production de cette réalité sociale pour les personnes. L’âgisme peut en effet se manifester de façon très diverse au quotidien : par des remarques ou des comportements, par des pratiques plus ou moins institutionnalisées, voire plus ou moins légales, mais aussi par un monde extérieur moins accueillant comme des aménagements urbains peu adaptés ou bien encore par l’invisibilisation des personnes âgées et l’absence de prise en compte de leur voix (Caradec, 2017). Le Défenseur des droits indique d’ailleurs que « les discriminations liées à l’âge ont la caractéristique d’être largement invisibilisées ou tolérées parce qu’elles sont fortement intériorisées et banalisées » (Défenseur des Droits, 2013), tout comme le constate l’OMS dans son rapport.

Pourtant, s’il est toujours difficile, pour ne prendre que quelques exemples, de se faire recruter ou d’être recruté avant un certain âge et un certain nombre d’années d’expérience, d’être formé dans certains lieux de travail après 50 ans, d’obtenir un crédit pour une nouvelle habitation, que ce soit en France ou au Canada, ne peut-on avancer aussi que des évolutions sont notables en la matière ? Les prises de paroles par exemple des personnes âgées elles-mêmes, leurs mobilisations parfois par la voix d’associations comme Old up en France, l’Association canadienne des retraités ou le Réseau FADOQ au Québec en témoignent. Les actions de plusieurs institutions veillant à la non-discrimination du public âgé comme la Halde puis le Défenseur des Droits ou le CSA en France, La Commission canadienne des droits de la personne, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse au Québec peuvent aussi en attester. A cet égard, hormis les institutions publiques, quels sont les acteurs qui portent le combat contre l’âgisme ? Comment des collectifs de professionnels (ergothérapeutes au Canada, gériatres en France) ou des associations de défense des personnes âgées, comme en France la FIDES (fédération interrégionale pour l’emploi des seniors), en Ontario, la Fédération des aînés et des retraités francophones, au Québec l’AQDR (l’association québécoise des droits des personnes retraitées et pré-retraitées) ou le Réseau FADOQ, conçoivent-elles leur rôle pour contrer notamment les discours jugés infantilisants et paternalistes ?

Autre exemple, on pourra accueillir des enquêtes de terrain sur les pratiques dans le monde sanitaire, mais aussi médico-social, que ce soit avant ou depuis la pandémie mais aussi sur les discours contradictoires qui ont été et sont tenus aujourd’hui sur les personnes dites vulnérables et considérées comme à protéger et donc à enfermer. D’ailleurs, longtemps l’âgisme a été présenté comme un terreau fertile au développement de la maltraitance. En réalité, il est souvent vécu en soi comme une maltraitance par les aînés (Beaulieu et Crevier, 2013). En l’occurrence, fallait-il un traitement à part des plus de 65 ans lors de l’établissement des mesures barrières face à la COVID-19 et de leur assouplissement ? Que penser face au manque de places dans les services de réanimation de la « sélection », voire du « tri », un temps envisagé et sûrement pratiqué dans les faits dans la mesure où la réanimation serait pour certains organismes délétère, des patients en fonction d’un critère d’âge ? Que révèle par exemple, au début de la crise, la non visibilisation des morts âgés et leur non comptage dans les statistiques, que ce soit en EHPAD ou à domicile, comme le soulignait récemment un avis de l’INPEA (International Network Prevention of Elder Abuse) (Beaulieu, Cadieux Genesse, St-Martin, 2020) ? Plus généralement, en dehors du contexte épidémique, n’existe-t-il pas une tendance à la renonciation aux soins face aux personnes très âgées ? Est-il facile de se faire opérer ou de se faire traiter pour un cancer quand on a plus de 80 ans par exemple ? Les années de vie après 80 ans sont-elles du « bonus »[2] qui devrait conduire à ne pas trop réclamer ? Quelles sont les attitudes des soignants et leurs contraintes éventuellement institutionnelles dans ces situations ?

Plusieurs contributions pourraient donc porter sur les formes expérientielles d’âgisme, à la fois dans la vie quotidienne des personnes, mais aussi dans les fictions et les médias. En effet, à partir des conditions de vie des personnes, mais aussi des représentations sociales du « vieux » ou des « aînés » ou des « jeunes » dans différents supports, nous souhaitons questionner les réalités, mais aussi les imaginaires sociaux, fondements de toute culture, ce sera l’objet du troisième axe.

3/ Quelles représentations sociales et assignations sociales associées ?

Cet axe propose de porter un regard croisé sur le traitement fictionnel et médiatique des seniors comme des jeunes en France et au Canada.

A l’heure où l’Organisation Mondiale de la Santé vient de faire paraître en 2021 un rapport de près de 200 pages consacré à l’âgisme, cet axe serait centré sur un sujet s’il en est d’actualité, l’âgisme comme phénomène « complexe », « changeant » et « ambiguë » (Lagacé, 2013). Pour l’OMS, il est question d’âgisme « lorsque l’âge est utilisé pour catégoriser et diviser les personnes de telles façons qu’elles subissent des préjudices et des injustices, qu’elles sont désavantagées ». L’âgisme désigne ainsi les stéréotypes (modes de pensée), les préjugés (sentiments) et la discrimination (comportement) à l’égard des personnes en raison de leur âge (OMS, 2021). En outre, « l’âgisme s’accompagne aussi d’indifférence, de rejet, d’exclusion, d’infantilisation, de stigmatisation et de moqueries » (Lévesque et Beaulieu, cité dans Beaulieu et Crevier, 2013). On parle aussi de « discriminations liées à l’âge » (Ennuyer, 2020), terme qui comporte lui-même une ambiguïté, puisqu’il peut, selon les cas, désigner d’une part les préjugés et les discriminations à l’encontre des personnes âgées ou aînées de 60 ans et plus, ou d’autre part plus largement, ceux qui sont liés à l’âge en général (Puijalon & Trincaz, 2000), cette dernière sera notre angle de vue privilégié.

Dans un contexte où deux paradigmes porteurs de nouvelles normes sont devenus en peu de temps dominants, celui d’une part de sociétés se voulant plus « inclusives » (Gardou, 2013 ; Ngatcha-Ribert, 2018), mais aussi celui d’autre part du « bien vieillir », qui mettrait à distance les formes jugées les plus dégradantes du vieillir à l’aide notamment de la prévention (Puijalon, Trincaz, 2000), différents acteurs, y compris les pouvoirs publics, tentent aujourd’hui de mettre en place des initiatives et des stratégies visant à lutter contre l’âgisme (Dufeu-Schubert, 2019 ; Conseil des Aînés du Québec, 2010). L’OMS préconise à cet égard trois types de stratégies pour lutter contre l’âgisme : les politiques et les lois, des interventions éducatives et enfin des interventions favorisant des contacts intergénérationnels. Des campagnes de communication (comme par exemple : Yearsahead de l’OMS en 2016) visent notamment à faire évoluer les regards et les pratiques, et à présenter notamment l’avancée en âge comme une chance et non comme un fardeau ou comme un dépérissement.

Sur un registre plus de l’ordre de l’imaginaire, cet axe accueillerait les études portant sur l’âgisme et l’analyse des représentations des personnes jeunes ou âgées, notamment dans les fictions (cinéma, littérature…) et les médias. Des évolutions sont notables en la matière, notamment si l’on considère par exemple les représentations à l’égard des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer qui deviennent plus nuancées et plus complexes que dans le passé (Ngatcha-Ribert, 2019). Toutefois, en France, d’après le Baromètre de diversité de la société française du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, les personnes âgées de plus de 65 ans ne représentent que 6 % des personnes indexées[3] alors qu’elles sont recensées à hauteur de 21% de la population française (CSA, 2019). Entre les représentations souvent négatives où la grande vieillesse semble notamment « Alzheimérisée », les troubles cognitifs semblant être le paradigme dominant (Adelman, 1995 ; Billé, 2014) et les représentations faussement positives de personnes qui ne vieillissent pas et constituent dès lors un modèle inaccessible, il semble exister avec ces modèles paradoxaux peu de place pour une vieillesse « ordinaire » et des représentations sociales réellement plus positives (Lagacé, 2010). Comment représenter avec justesse, c’est-à-dire sans angélisme ni misérabilisme, la réalité des plus de 60 ans et surtout leur diversité ? Pourquoi certaines figures dominantes et donc des représentations sociales dominantes, des personnes qui avancent en âge mais aussi des plus jeunes, finissent-elles par s’imposer ? Est-ce un effet de « simplification du réel » ? Le besoin de caricaturer ? Une conséquence des peurs individuelles et collectives ?

Ces derniers temps, des récits ont porté la voix et le témoignage de personnalités ou de chercheures qui avancent en âge, comme Laure Adler et Rose-Marie Lagrave en France ou Janette Bertrand et Jocelyne Robert au Québec pour qui, plus de cinquante ans après l’ouvrage de Simone de Beauvoir, la vieillesse demeure un impensé. Parfois prophéties autoréalisatrices (la menace d’un stéréotype pouvant pousser les individus à conformer leurs propres comportements à ce stéréotype) ou injonctions normatives au vieillir actif et en bonne santé, quelles conséquences ont ces images et les invisibilités sélectives (en fonction de quels critères implicites ?) sur les personnes qui « avancent en âge » ? Les discriminations étant parfois si complexes et si subtiles, chacun n’est-il pas à risque, y compris les plus avertis, d’intérioriser les injonctions idéologiques (Huillery, 2021) et moralisatrices (Dauphin, 2017 ; Lima, 2016) ? Des jugements pouvant être rapidement portés sur le caractère conforme ou déviant des conduites et des modes de vie, par exemple des jeunes. Pour faire face aux tabous et aux préjugés, peut-on proposer des représentations alternatives plus positives de la jeunesse, de la vieillesse et des vulnérabilités ? Comment toucher et agir auprès des jeunes générations ? Pourront aussi être étudiés les mots, expressions et terminologies de tous les jours, prononcés souvent sans y penser, avec des expressions comme « to have a senior moment »[4] ou « ok boomer ![5] ». Les contributions pourront également explorer les représentations sociales des relations intergénérationnelles comme nouvelle injonction des rapports entre classes d’âge.

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Van de Velde Cécile, 2015, Sociologie des âges de la vie, Paris, Armand Colin.

Des informations complémentaires sur le contenu de cet appel à contribution peuvent être obtenues auprès des coordonnateurs aux adresses suivantes :

Marie.Beaulieu@usherbrooke.ca

bernardennuyer@gmail.com

Martine.Lagace@uottawa.ca

ribertngatcha@hotmail.com

 

Les auteur·e·s souhaitant proposer à la revue un article sur cette question devront l’adresser avec un résumé et une présentation de chaque auteur·e

(cf. les « conseils aux auteurs » de la RFAS [en ligne https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-02/Charte%20deontologique%20et%20conseils%20aux%20auteurs.pdf )

à cette adresse:

rfas-drees@sante.gouv.fr

avant le jeudi 10 mars2022

 

[2] Xavier Lescure, chef de service à l’hôpital Bichat à Paris, France Inter, 24 janvier 2021.

[3] L’indexation de chacun des sept critères est réalisée en tenant compte des catégories de sens commun supposées, c’est-à-dire, selon la perception qu’en aurait la plupart des téléspectateurs. Pour l’âge : – de 20 ans, [20-34 ans], [35-49], [50-64], [65 ans et plus].

[4] Avoir un trou de mémoire, qui serait présumé caractéristique de la population âgée.

[5] Expression adressée aux plus de 50 ans par les plus jeunes, indiquant que ces derniers en avaient assez des leçons données par les « baby-boomers », qui ont connu le plein emploi et la croissance, auraient dépensé sans limite et ne se seraient pas préoccupé de l’état de la planète.

Revue Santé Publique n°2, 2021/2 (Vol. 33)

Edito

R. Aubry

 

Pratiques et organisation des services de santé

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Revue Santé Publique n°1, 2021/1 (Vol. 33)

Edito

C. Clavier

Politiques, interventions et expertises en santé publique

 

F. Jabot Continuer la lecture de « Revue Santé Publique n°1, 2021/1 (Vol. 33) »

CFP / Transformations of Social Bureaucracies / November 4, 2021

 

Multidisciplinary Call for Papers on:

Transformations of Social Bureaucracies

For the April-June 2022 issue of the RFAS

The issue will be coordinated by:

Christine Le Clainche (Université de Lille) and Jean-Luc Outin (Mire)

This call for papers is for researchers in economics, management, sociology, political science, philosophy, law, geography, demography, anthropology, as well as for health and medical-social actors.

Articles must be sent by Thursday, November 4, 2021

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Appel à contribution « Quelles transformations des bureaucraties sociales ?» pour le 04/11/2021 (RFAS n°2022-2)

 

Appel à contribution pluridisciplinaire sur :

Quelles transformations des bureaucraties sociales ?

Pour le numéro d’avril-juin 2022 de la RFAS

Le dossier sera coordonné par :

Marianne Berthod-Wurmser, Christine Le Clainche (Université de Lille) et Jean-Luc Outin (Mire)

Cet appel à contribution s’adresse aux chercheurs en économie, gestion, sociologie, science politique, philosophie, droit, géographie, démographie, anthropologie, ainsi qu’aux acteurs du champ sanitaire et médico-social.

Les articles sont attendus avant le jeudi 4 novembre 2021

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Séminaire « Bureaucraties sanitaires et sociales » : compte-rendu des trois séances

 

Séminaire

« Bureaucraties sanitaires et sociales »

Coordination scientifique

Marianne Berthod, Christine Le Clainche, Séverine Mayol, Jean-Luc Outin

 

Compte-rendu de la première séance du séminaire organisée le 12 janvier 2021 : « Observation du secteur sanitaire et social : y a-t-il des facteurs favorables au développement d’une organisation bureaucratique dans le secteur sanitaire et social ? »

Ce séminaire en trois séances vise à préparer un appel à contribution pour la publication d’un numéro thématique de la Revue française des affaires sociales. Cette première séance a rassemblé une soixantaine d’auditeurs grâce aux outils de visioconférence. Aurore Lambert, secrétaire générale, ouvre la séance en rappelant tout l’intérêt de la revue pour ces questionnements et présente le calendrier prévisionnel de préparation du dossier thématique :

 

  • Date de réception des articles dans leur première version au 4 novembre 2021 ;
  • Examen par le comité de lecture le 14 décembre 2021 ;
  • Examen des articles dans leur seconde version au 7 février 2022 ;
  • Livraison du numéro en juin 2022.

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Séminaire d’animation du portail Publisocial : Compte-rendu de la séance du mardi 23 mars 2021

 

 

Séminaire d’animation du portail Publisocial

 

Compte-rendu de la séance du mardi 23 mars 2021

 

La Revue française des affaires sociales a organisé le mardi 23 mars 2021 un séminaire de réflexion sur la production des données probantes par les institutions de santé. Ce séminaire s’inscrit dans la continuité du séminaire[1] qu’elle avait organisé le 14 novembre 2019 sur le rôle de la littérature grise dans la recherche, à l’occasion du lancement du portail documentaire Publisocial[2]. Il a débuté par un mot de bienvenue d’Aurore Lambert (Secrétaire générale de la RFAS) et une présentation générale du projet Publisocial. Joseph Hivert (collaborateur scientifique de la RFAS) a ensuite présenté le conférencier invité, François Alla, professeur de santé publique à l’Université de Bordeaux et directeur adjoint de l’Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement (ISPED), et les attendus de la séance. L’objectif de ce séminaire était de réfléchir à la façon dont les institutions de santé produisent des données probantes et contextualisées et d’interroger comment ces données s’articulent aux données de recherche.

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CFP “Reforms, crises, and resistance in hospitals” / April 26, 2021

 

 

Multidisciplinary call for papers on:

Reforms, crises, and resistance in hospitals

 

For the October-December 2021 issue of RFAS

 

The dossier will be coordinated by:

 

Maud Gelly (CRESPPA-CSU),

maud.gelly@cnrs.fr

Joseph Hivert (IRIS-University of Lausanne)

joseph.hivert@unil.ch

and Alexis Spire (IRIS)

alexis.spire@gmail.com

 

This call for papers is aimed at researchers in sociology, political science, economics, management, law, geography, demography, anthropology, and public health, as well as stakeholders in the fields of health and social medicine.

 

The deadline for submission is Monday 26 April 2021.

 

“The best way to relieve our hospitals is to avoid getting sick”[1]. These words, which Prime Minister Jean Castex pronounced a few days before the second lockdown was announced, sum up the line of thought that led the government to suddenly restrict movement and activity in the name of public health. These unprecedented measures, the social, economic and health consequences of which are as yet incalculable, were justified by the need to keep hospitals from being overwhelmed by a new influx of patients. In March 2020, and to a lesser extent in October 2020, the “Plan blanc” (“white plan”)[2] also led to the cancellation of the vast majority of scheduled surgical operations, consultations and hospitalizations. While the intention was to free hospital beds and staff to deal with the Covid-19 epidemic, this came at a great cost for other patients, whose healthcare was postponed. The narratives in which hospital staff stand united in the fight against the epidemic and the government is willing to pull all stops to prevent them from having to “sort the sick” are fantasy. This dossier will shed light on the social, political and organizational factors that led a public service – the hospital system – to a point where it was no longer able to meet its users’ needs[3].

The dossier, to be published in the fourth issue of Revue française des affaires sociales (RFAS) of 2021, will focus entirely on reforms affecting hospitals, and the crises and forms of resistance they have generated. This reflection on change in hospitals will allow for comprehensive cross-analysis of all efforts to handle the epidemic and of care workers’ ways of adapting to them (by prioritizing activities, reorganizing services, changing task distribution, etc.). Articles will be based on qualitative and/or quantitative empirical material from research that shed light on changes in hospital structures before or after the epidemic broke out. Contributions comparing crises, reforms and mobilization in public hospitals, with those occurring in other public services are welcome, as are historical or international comparisons.

Reforms

Like many other state institutions, the public hospital system has been undergoing a series of reforms for several years now, with an aim to reduce costs and rationalize activity. In addition to the technical and managerial measures which culminated in the introduction of Tarification à l’activité (T2A, procedure-based pricing), this first line of inquiry will specifically focus on the socially differentiated effects of these reforms, on the work of different categories of hospital staff.

One of the numerous policies implemented has led to many organizational changes: the development of outpatient care, that is, the provision of medical or surgical care outside the traditional framework of full hospitalization. What is now known as the “outpatient turn” consists in reorganizing institutions and their departments in such a way as to shorten patients’ stays in hospital and increase the proportion of medical care and services provided outside of hospitals. While these reforms are designed to respond to financial imperatives (reducing costs) by redirecting part of hospitals’ workload towards ambulatory medicine[4] – their proponents also emphasize the advantages of increasing fluidity in the movement of patients from one professional area to another[5] and reducing exposure to the risks of nosocomial diseases. It would be interesting to explore the effects of this shift on the working conditions of hospital staff, which are already particularly difficult[6]. The consequences of recent reforms on the roles and positions of managerial staff, on the emergence of new positions (bed managers and consultants[7]), and on the balance of power between hospital services also warrant analysis. The logic of concentrating resources on activities considered to be profitable[8] may result in significant disparities in investment when it comes to tasks, training and recruitment. How does this affect hospital hierarchies and competition between departments (and their heads) to obtain the patients best suited for short stays? The consequences of this shift can also be measured in terms of the gendered division of labour in hospitals: secretaries, nursing auxiliaries and nurses, most of whom are women, often end up having to discreetly cover up the institution’s shortcomings, thus allowing those who practise the noblest and most visible professions, and especially doctors, to still be seen as the heroes[9].

The effects of reforms aimed at cost containment can also be measured in terms of social and territorial health inequalities. For populations living in territories that are under-equipped with the medico-social services supposed to allow continuity of care after hospital discharge, what are the implications of part of hospitals’ workload being transferred to “outpatient” medicine? What does hospitalization at home mean for disaffiliated  working-class patients – those who are ageing or chronically ill and isolated due to their unstable family situation, administrative status or economic condition? Doctors’ freedom in prescription and in location of practice entails significant territorial inequalities, which may be aggravated by the transfer of care from hospitals to private practices and by a shift in the funding of healthcare, from the compulsory state-sponsored health insurance scheme to the private supplementary scheme. Contributions to the dissier could seek to show the equivalences of positions[10] in which the divide between rich and poor territories can be reflected and accentuated in access to care.

Crises

The fact that the Plan blanc, which is usually associated with emergency situations, was activated twice over just a few months in 2020, does call for close consideration of what makes the event a crisis[11]. Since the Covid-19 epidemic broke out, the term “crisis” has been used in public debate to highlight its seriousness. This draws a link with the “crisis of emergency rooms”[12] and, more generally, with the movement of hospital staff protesting against managerial reforms and the restrictions on resources being imposed on an institution that is managed on a “just-in-time”[13] basis. The government’s decision to impose a general lockdown throughout the country in the name of protecting the hospital system has contributed to placing this institution at the centre of the “public health crisis”. Beyond consensual discourses highlighting the extraordinary “courage” of care workers, this second line of questioning is intended to explain how hospitals and their staff have been able to cope with this unprecedented epidemic wave without collapsing.

The difficulties encountered in coping with the Covid-19 epidemic have also brought back into focus the weak regulatory measures imposed on private clinics compared to the ever-increasing loads and constraints placed on the public hospital system. To understand the crisis in public hospitals and its multiple facets we need to situate it in the context of the entire healthcare system, with close attention to the effects of the private sector’s rise on the pool of doctors and nurses who are still willing to accept worse working conditions and lower pay for the sake of public service. Moreover, the private sector is far from being uniformly and inevitably attractive to hospital workers: it varies according to their class, gender, and educational background. In addition to the widening gap between the public and private sectors, there is a proliferation of parallel arrangements that are blurring the boundaries between these two worlds, for instance private hospital consultations designed to keep public hospitals attractive for specialist doctors, and increasing recourse to subcontracting. Articles may focus on the sociology of patients who remain public service users as opposed to those who choose the private sector more and more systematically[14], and on the rationales which lead patients to choose between public and private services, according to their social situation, the seriousness of their condition, their feeling of urgency, and the healthcare offer, between private practices and the hospital or clinical solutions available in their territory. Such competition effects lead to forms of segregation which, in the long term, could undermine taxpayers’ willingness to contribute to a system that is less and less universal.

Analysing the Covid-19 epidemic as a public health crisis requires us to compare it with previous crises in recent history, and especially the 2003 heat wave crisis. In both cases, the high mortality rates of older people was a stark reminder of the fact that individuals’ chances of survival may depend on intensive care facilities and the availability of beds in intensive care units, while institutions throughout the country are far from being endowed with equivalent budgets[15]. The large number of patients in Ehpad (homes for the aged) who were sent to hospital departments and died there[16] calls for an examination of the place of end-of-life care in the hospital system. The case of Ehpad and psychiatric ward residents who, conversely, were not transferred to hospital wards in time also warrants a study of the rationale according to which patients are “sorted” before they even enter a hospital (by whom, according to what criteria and with what legitimacy?).

 

Resistance and acceptance among hospital staff

While healthcare workers all agree that working conditions are deteriorating, their reactions may vary considerably depending on their social characteristics, trajectory, militant socialization, and the department and institution at which they work[17]. Hirschman’s triad allows us to broadly characterize the range of possible strategies[18]: here, Exit consists in leaving the public hospital to join the private sector, or changing one’s professional approach entirely; Voice is reflected in the multiple mobilizations that have taken place in recent years even though they are known to be difficult to lead in this sector, due to minimum service obligations; and Loyalty encompasses all attitudes consisting in carrying on one’s professional activities, fulfilling one’s mission and task, yet still feeling free to criticize current developments.

Collective mobilization among hospital staff has been the subject of numerous studies[19], but far less attention has been paid to the quieter resistance that takes place within hospital workspaces. It might also be interesting to look at the unlikely configurations that can emerge within hospital institutions that are enmeshed in multiple contradictions. What explains the fact that many hospital staff do not voice their exasperation with the deterioration of working conditions in political terms? What should be made of the fact that part of the hospital-university elite has become hostile to managerial reforms after having advocated for them for a long time, as the only possible future for public service?

 

Further information on the content of this call for papers can be obtained from the coordinators at the following addresses:

maud.gelly@cnrs.fr

joseph.hivert@unil.ch

alexis.spire@gmail.com

Authors wishing to submit an article to the journal on this theme are requested to send it with an abstract and a presentation of each author.

(see the RFAS “instructions for authors” [online] at https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2020-10/01_2017_plaquette_6p_pages_rfas_a4_uk_.pdf)

at this address:

rfas-drees@sante.gouv.fr

before Monday 26 April 2021

 

[1] Jean Castex, speech at the Hôpital Nord in Marseille, 24 October 2020.

[2] The Plan blanc consists in mobilizing all hospital health professionals, including those on leave, to deal with a crisis (accident, terrorist attack, epidemic, etc.). It is generally activated at the local level.

[3]For a review of the literature on hospitals in RFAS, see François-Xavier Schweyer, “L’hôpital, une transformation sous contrainte. Hôpital et hospitaliers dans la revue”, Revue française des affaires sociales, No. 4, 2006, pp. 203-223.

[4] On the transfer of patients to private practices, see Patrick Hassenteufel, François-Xavier Schweyer, Michel Naiditch, « Les réformes de l’organisation des soins primaires », Revue française des affaires sociales, No. 1, 2020.

[5] Frédéric Pierru, « Introduction. L’administration hospitalière, entre pandémie virale et épidémie de réformes », Revue française d’administration publique, n° 174, 2020, p. 305.

[6] Catherine Pollak, Layla Ricroch, « Arrêts maladie dans le secteur hospitalier : les conditions de travail expliquent les écarts entre professions », Études et Résultats, n°1038, Drees, November 2017.

[7] Nicolas Belorgey, « Trajectoires professionnelles et influence des intermédiaires en milieu hospitalier », Revue française d’administration publique, n°174, 2020,p. 405-423.

[8] Pierre-André Juven, « ‘Des trucs qui rapportent’. Enquête ethnographique autour des processus de capitalisation à l’hôpital public », Anthropologie & Santé. Revue internationale francophone d’anthropologie de la santé, 16, 2018.

[9] Christelle Avril, Irene Ramos Vacca, « Se salir les mains pour les autres. Métiers de femme et division morale du travail », Travail, genre et sociétés, n° 43, 2020, p. 85-102.

[10] Pierre Bourdieu, « Effets de lieu », La misère du monde, Paris, Seuil, 1993, pp. 159-167.

[11] Alban Bensa, Eric Fassin, « Les sciences sociales face à l’événement », Terrain. Anthropologie & sciences humaines, 38, 2002, p. 5-20.

[12] By extension, the crisis in psychiatry also comes to mind – see Alexandre Fauquette, Frédéric Pierru, « Politisation, dépolitisation et repolitisation de la crise sans fin de la psychiatrie publique », Savoir/Agir, n°52, 2020, p. 11-20.

[13] Pierre-André Juven, Frédéric Pierru, Fanny Vincent, La casse du siècle. À propos des réformes de l’hôpital public, Paris, Raisons d’agir, 2019, p. 162.

[14] Sylvie Morel, « La fabrique médicale des inégalités sociales dans l’accès aux soins d’urgence », Agone, n°58, 2016, p. 73-88.

[15] Jean Peneff, La France malade de ses médecins, Paris, Les Empêcheurs de penser en rond, 2005, p. 246; Audrey Mariette, Laure Pitti, « Covid-19 : comment le système de santé accroît les inégalités », Métropolitiques, 10 July 2020: https://metropolitiques.eu/Covid-19-en-Seine-Saint-Denis-2-2-comment-le-systeme-de-sante-accroit-les.html.

[16] During the first wave, Covid-19 patients from retirement homes who were transferred to hospitals accounted for almost half of the deaths recorded by Santé publique France.

[17] Fanny Vincent, « Penser sa santé en travaillant en 12 heures. Les soignants de l’hôpital public entre acceptation et refus », Perspectives interdisciplinaires sur le travail et la santé, 19-1, 2017.

[18] Albert O. Hirschman, Exit, Voice, and Loyalty: Responses to Decline in Firms, Organizations, and States. Harvard University Press, 1970.

[19] Danièle Kergoat, Françoise Imbert, Helène Le Doaré, Danièle Senotier, Les infirmières et leur coordination, Paris, Editions Lamarre, 1992, 192 p.; Ivan Sainsaulieu, « La mobilisation collective à l’hôpital : contestataire ou consensuelle », Revue française de sociologie, vol. 53, 2012, p. 461-492.