Numéro spécial « Forêts et santé publique »

Longtemps le livre de Georges Plaisance sur la sylvothérapie3 (1985) a été le seul ouvrage connu des forestiers francophones comme s’intéressant aux effets de la forêt sur la santé humaine. Depuis la fin des années 1990 et surtout le début des années 2000, les publications de toutes natures (articles scientifiques et techniques, méta-analyses d’articles, synthèses à l’attention des décideurs…) sur les interactions entre forêts et santé publique se sont multipliées. Des programmes de recherche ont été initiés, aux niveaux national ou international. La plupart des grandes organisations internationales se sont rapidement emparées de cette thématique, aussi bien dans le secteur de la santé que dans le secteur forestier ou celui de la protection de la nature, et ont adopté des résolutions ou publié des orientations de travail. Plusieurs essais d’approches transdisciplinaires ont vu le jour, par exemple entre l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et le Secrétariat exécutif de la convention sur la diversité biologique (CBD), s’appliquant notamment à la forêt. Très rapidement les centres d’intérêt, partis de la forêt stricto sensu, se sont élargis dans la direction des forêts urbaines et des espaces verts en ville.

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Cartographie de la qualité de vie des enfants en France : huit profils de territoires, par Jacques Bellidenty et Pauline Virot (DREES)

Pour appréhender la qualité de vie des enfants de moins de 18 ans, une cartographie a été réalisée à partir d’une soixantaine d’indicateurs (santé, éducation, accueil des jeunes enfants, etc.), dans la lignée du rapport Stiglitz. Elle permet de distinguer huit groupes de territoires en France métropolitaine. 5,2 millions d’enfants vivent dans trois groupes de territoires (groupes 1, 2 et 3) aux conditions économiques favorables (périphérie des métropoles régionales, Ouest, bassin lyonnais, etc.). Ceux-ci se distinguent entre eux par l’accessibilité aux services et équipements scolaires et de santé. Les territoires du groupe 4 (pour l’essentiel en Île-de-France et dans certaines grandes villes) allient les conditions de vie économiques et de logement les plus défavorables et une offre satisfaisante d’équipements et services : 3,4 millions d’enfants y vivent. Le groupe 5, où résident 1,3 million d’enfants, présente des caractéristiques économiques similaires, mais les services sont plus éloignés. Les territoires ruraux du nord de la France et de la diagonale allant du nord-est au sudouest (groupe 6) abritent moins d’un million d’enfants. Ils présentent des caractéristiques économiques plutôt défavorables et une accessibilité aux équipements plus limitée. Les grandes métropoles de régions, avec des niveaux de vie élevés en moyenne mais des inégalités marquées, accueillent 3,1 millions d’enfants (groupe 7). L’accès aux équipements y est très bon. Le groupe 8 rassemble des territoires marqués par un faible accès aux équipements : 90 000 enfants y vivent.

Référence: Jacques Bellidenty et Pauline Virot (DREES), « Cartographie de la qualité de vie des enfants en France : huit profils de territoires », Études et Résultats, n°1115, mai 2019.

Les Français, de plus en plus sensibles aux inégalités de revenus, s’opposent à la baisse des prestations sociales

La DREES publie les résultats de son dernier Baromètre d’opinion, réalisé du 15 octobre au 1er décembre 2018 auprès d’un échantillon de 3 037 personnes représentatif de la population adulte vivant en France métropolitaine.

Selon le Baromètre d’opinion de la DREES, la perception qu’ont les Français* de leur propre situation se dégrade.

Fin 2018, 48 % des Français se disent pessimistes pour leur propre avenir, ils étaient 41 % fin 2017. Le niveau de pessimisme a particulièrement augmenté parmi les ouvriers (+13 points) et les retraités (+12 points) tandis qu’il n’a guère varié chez les cadres supérieurs et professions libérales.

À télécharger 

« Les Français plus sensibles aux inégalités de revenus et plus attachés au maintien des prestations sociales » Synthèse des résultats du Baromètre d’opinion 2018 de la DREES, Kim Antunez et Adrien Papuchon, Les Dossiers de la DREES n°35

Tous les résultats du Baromètre depuis 2000 (outil de visualisation interactive) : http://dataviz.drees.solidarites-sante.gouv.fr/Barometre-DREES/

* Pour faciliter la lecture, le terme « Français » désigne l’ensemble des personnes de 18 ans ou plus résidant en France,qu’elles soient de nationalité française ou non.

Rapport 2018 de l’observatoire national de la petite enfance

Les jeunes enfants et leur famille

L’édition 2018 du rapport de l’Observatoire national de la petite enfance (Onape) vient de paraître. Riche de nombreuses informations, ce document permet de mesurer la place des enfants de moins de 6 ans dans notre société. Nous en avons extraits quelques données pour vous inciter à le découvrir en intégralité sur www.caf.fr.

Pour tout savoir de l'enfance en France en 2017.
Le rapport de l’Onape associe statistiques et recherches qualitatives pour mieux appréhender l’état de la petite enfance en France.

Avec un indicateur conjoncturel de fécondité à 1.90 enfant par femme, la France reste en 2017 le pays le plus fécond de l’Union européenne. Elle enregistre néanmoins une diminution du nombre absolu des naissances pour la troisième année consécutive. La baisse du nombre d’enfants de moins de 3 ans (2,2 millions au 1er janvier 2018) et de moins de 6 ans (4,6 millions au 1er janvier 2018) se confirme également. 86 % de ces enfants vivent entourés de leurs deux  parents.

Les parents, en couple ou isolé, sont actifs dans deux tiers des ménages ayant au moins un enfant de moins de 3 ans. On notera que le taux d’activité des mères décroît avec le nombre d’enfants, contrairement à celui des pères qui reste relativement stable.

Un enfant sur cinq grandit dans un ménage vivant sous le seuil de pauvreté. Ce chiffre grimpe à un enfant sur deux dans les familles monoparentales.

L’accueil des jeunes enfants

En 2016, les enfants de moins de 3 ans sont le plus souvent gardés par leurs parents, essentiellement la mère. En dehors de ce mode de garde, 58 % des enfants de moins de trois ans sont gardés par les assistant(e)s maternel(le)s (33,4 %), les crèches (18,5 %), l’école préélémentaire (4,1 %) ou par un(e) salarié(e) à domicile. Le recours à ces différents modes d’accueil varie selon le niveau de vie des parents et le territoire.

Cette édition du rapport de l’Onape propose un éclairage sur les représentations des modes d’accueil par les parents. Dans ces représentations, la crèche est fortement valorisée par rapport aux assistant(e)s maternel(e)s. Quand on confronte les souhaits initiaux des familles aux solutions de garde auxquelles elles ont recours, on constate que 79 % d’entre elles  utilisent, au moins partiellement, le mode d’accueil qu’elles désiraient. Mais 41 % seulement de celles qui souhaitaient confier leur enfant à une crèche ont réalisé ce souhait.

Baisse du recours au complément d’activité

L’appellation « compléments d’activité » regroupe les différentes aides liées à la naissance et à l’accueil des enfants de moins de 6 ans comme le complément de libre choix d’activité (CLCA) ou la prestation partagée d’éducation de l’enfant (Prepare). Une enquête qualitative menée auprès des parents susceptibles d’y recourir met en exergue plusieurs raisons de non recours. La plupart des raisons avancées sont économiques, mais le rapport que les femmes entretiennent au travail, la répartition sexuée des rôles parentaux au sein des couples ou le projet éducatif des familles pour leur(s) enfant(s) sont également énoncés.

Quels que soient leur milieu social et leur niveau de diplôme, la plupart des femmes interrogées sur les raisons de leur maintien dans l’activité professionnelle font référence à la trajectoire de leur propre mère. Ces femmes ne souhaitent pas s’éloigner du marché du travail afin de préserver leur autonomie financière et revendiquent une identité féminine plurielle ne se limitant pas à la maternité.

Les enfants en situation de handicap

Le handicap d’un enfant peut engendrer de nombreuses charges pour les familles. L’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (Aeeh), versée par la branche Famille de la Sécurité sociale, vise à soutenir financièrement les parents confrontés à cette situation

Depuis 2002, le nombre de bénéficiaires de l’Aeeh a cru de 136 %. Cette augmentation est de 73 % pour la catégorie des enfants de moins de 6 ans dont le nombre est porté à 34 700 en décembre 2017.

Être mère d’un enfant en situation de handicap a de fortes conséquences sur l’activité professionnelle. 32 % des mères isolées élevant au moins deux enfants dont un de moins de 6 ans porteur de handicap sont inactives, contre 23 % pour l’ensemble des mères de deux enfants ou plus. Si l’ensemble des mères en couple ayant au moins deux enfants sont actives à 56 %, ce chiffre atteint seulement 39 % pour celles dont un des enfants de moins de 6 ans bénéficie de l’Aeeh.

La cause des pauvres

Un dossier de la Revue d’histoire de la protection sociale (n°6/2013)
Ce dossier réunit quatre articles :
• Frédéric Viguier, Le rôle des associations de lutte contre la pauvreté dans la protection sociale française depuis 1945 : le cas d’ATD Quart Monde
• Mehdi Arrignon, Quand les politiques sociales changent. Un bilan des stratégies d’ »activation » et de leurs effets ambivalents sur la protection sociale en France, en Espagne et aux Pays-Bas (1997-2013)
• Éveline Thévenard, Faciliter l’accès aux soins des plus vulnérables : l’évolution des « Free Clinics » aux Etats-Unis depuis les années 1960
• Anthony Kitts, Le bureau de bienfaisance du Havre sous la IIIe République : entre laïcisation et adaptations (1890-1920)

Dans la rubrique Sources et témoignages un extrait du cours de Paul Durand à l’École nationale d’administration, prononcé le 10 novembre 1947, L’organisation de la Sécurité sociale dans les grands pays du monde : la Sécurité sociale face à l’assurance et à l’assistance. Ce texte est introduit par un article cosigné par Michel Laroque et Oliver Vernier, En souvenir du professeur Paul Durand, pionnier de l’enseignement de la Sécurité sociale.

https://www.cairn.info/revue-d-histoire-de-la-protection-sociale-2013-1.htm

Au sommaire du n°7 de la Revue d’histoire de la protection sociale (2014)

Marie-Christine Giroux, La protection de l’enfance à l’Hospice St-Joseph des Sœurs Grises de Montréal (1854-1911)
• Fabrice Cahen, Le gouvernement des grossesses en France (1920-1970)
• Lydie Couturier, L’enfermement des aliénés. L’asile de Stephansfeld (Bas-Rhin, 1835-1860 et la loi de 1938)
• Benjamin Jung, Le placement public à Paris. De la bienfaisance à la lutte contre le chômage (1880-1910)
• Alain Chatriot, Georges Cahen-Salvador. Un réformateur social dans la haute administration française (1875-1963)
Ces articles sont complétés par un dossier sur Georges Cahen-Salvador :
• Michel Laroque, Un des fondateurs des assurances sociales : Georges Cahen-Salvador
• Pierre Laroque, Georges Cahen-Salvador et les assurances sociales
• Georges Cahen-Salvador, Rapport sur le nouveau projet de loi sur les assurances sociales (1921). Extraits

https://www.cairn.info/revue-d-histoire-de-la-protection-sociale-2014-1.htm

Au sommaire du n°3 de la Revue d’histoire de la protection sociale (2010)

• Sylvain Leteux, La société de secours mutuels des Vrais Amis (1820-1898) : comment les bouchers parisiens ont-ils organisé leur « protection sociale » au XIXe siècle ?
• Elsa Rossler, La maison d’éducation pour jeunes filles catholiques du Neuhof (1853-1918)
• Stéphane Henry, La médecine libérale et le dispensaire d’hygiène sociale ou l’histoire d’une délicate cohabitation pour vaincre la tuberculose (1916-1939)
• Samuel Boussion, Quand les éducateurs spécialisés accèdent au statut : genèse de la convention collective nationale de 1966 (1947-1966)
• Georges Desrosiers et Benoît Gaumer, La place du transfert d’expériences européennes dans le développement du système de santé et de services sociaux du Québec. A propos des commissions d’enquêtes (1933-1986)
Ces divers articles sont complétés par deux témoignages
• Jean-Claude Poirier, L’influence du Québec sur la conception et la pratique de l’éducation sanitaire en France et notamment à la CRAM d’Ile-de-France
• Marc Dutertre, Les archives du Comité régional d’histoire de la Sécurité sociale d’Ile-de-France : originalité et richesse d’un fonds historique à exploiter

https://www.cairn.info/revue-d-histoire-de-la-protection-sociale-2010-1.htm

Au sommaire du n°2 de la Revue d’histoire de la protection sociale (2009)

• Thomas Le Roux, Santé et souffrance au travail : une nouvelle préoccupation à la fin du XVIIIe siècle ?
• Pierre Guillaume, Le recours aux structures de proximité : une constante de l’aide aux plus démunis : XVIIIe – XXe siècles
• Virginie De Luca Barrusse, La revanche des familles nombreuses (1896-1939) : les premiers jalons d’une politique familiale
• Christel Chaineaud, L’amélioration de la protection sociale des veuves dans l’Entre-deux-guerres ou la veuve bénéficiaire directe des mesures législatives
• Marc-Olivier Déplaude, Instituer la « sélection » dans les facultés de médecine : genèse et mise en œuvre du numerus clausus de médecine dans les années 68
Ces divers articles sont complétés par un entretien avec Jean-Marie Clément réalisé par Jean-Paul Domin, Pour une histoire des réformes hospitalières

https://www.cairn.info/revue-d-histoire-de-la-protection-sociale-2009-1.htm

Au sommaire du n°1 de la Revue d’histoire de la protection sociale (2008)

  • Jeanne Mesmin d’Estienne, La maison de Charenton du XVIIe au XXe siècle : construction du discours sur l’asile
  • Antony Kitts, Mendicité, vagabondage et contrôle social du Moyen-Âge au XIXe siècle : état des recherches
  • David Lamoureux, Le combat des cheminots contre la tuberculose (1919-1939)
  • Charlotte Siney-Lange, La tuberculose, fondement de l’action médico-sociale mutualiste enseignante (1902-1940)
  • Yolande Cohen, Citoyenneté sociale et maternalisme d’État : le genre des politiques sociales
  • Françoise Battagliola, Hommes et femmes dans la lutte contre la mortalité infantile (fin du XIXe siècle-début XXe siècle) : une perspective de recherche

Ces divers articles sont complétés par deux témoignages :

  • un entretien avec Jean-François Chadelat réalisé par Bruno Valat, Pour une histoire du recouvrement
  • Pierre Bordes, La vie des caisses d’assurances sociales de l’Allier sous l’Occupation

https://www.cairn.info/revue-d-histoire-de-la-protection-sociale-2008-1.htm

Au sommaire du n°4 de la Revue d’histoire de la protection sociale (2011)

• Christine Peny, Les dépôts de mendicité sous l’Ancien Régime et les débuts de l’assistance aux malades mentaux (1764-1790)
• Guillaume Pastureau, Le Mont-de-piété en France : une réponse économique aux problèmes sociaux de son époque (1492-1919)
• Jean-Marie Fecteau et Eric Vaillancourt, La charité en ces « temps mauvais » : la mise en place d’un réseau privé d’assistance à Montréal au XIXe siècle et le rôle des Sulpiciens
• Claire Barillé, Hôpital ou soins à domicile ? L’hospitalisation à Paris à la fin du XIXe siècle

https://www.cairn.info/revue-d-histoire-de-la-protection-sociale-2011-1.htm